RESTITUTION 3D

livret et cédérom Mac/PC, 2002
 

Le pont du Change est une figure emblématique de la ville de Lyon. Construit à partir de 1020 à la place d'un pont flottant, à ce titre premier pont permanent de la cité, il traversait la Saône en reliant le quartier épiscopal et le bourg commerçant. Pendant huit siècles, dans un tissu urbain fort dense enserré entre fleuves et collines, il sera un point de passage obligé et un des principaux centres de vie de la cité. Il a été remplacé en 1846 par un pont plus conforme aux besoins de la ville en pleine mutation, pont qui sera à son tour démoli en 1976. En 2000, à l'occasion des Journées du Patrimoine, le Génie a mis en place un pont de barges provisoire qui a été emprunté par 20 000 visiteurs.

La Direction Régionale des Affaires Culturelles de Rhône-Alpes a décidé de recourir à l'imagerie informatique pour restituer le pont du Change. La restitution vise :
- à faire connaître un ouvrage emblématique mais détruit de la ville de Lyon, inscrite au patrimoine de l'humanité par l'UNESCO, et à montrer comment sa disparition témoigne des métamorphoses de la ville ;
- à faire connaître le parti constructif et architectural de cet ouvrage ainsi que le rôle qu'il a joué au cours des temps.

Les sources iconographiques
Les illustrations, souvent fragmentaires, ne permettent pas d'arrêter avec certitude le contour des objets représentés. La plupart sont entachées d'erreurs, d'oublis, quand il ne s'agit pas d'approximations grossières. Seuls quelques documents fidèles sont parvenus jusqu'à nous : le cadastre napoléonien, un relevé d'une trompe attribuée à l'architecte Desargues, et quelques photographies prises avant la démolition.

La photo-modélisation
Les photographies, seuls éléments renseignant avec exactitude sur les proportions du pont et de ses habitations, ont servi de base à la construction de la maquette géométrique 3D. Des outils dits de “photo-modélisation” assistent à la mise en place de points remarquables dans l'espace, en corrélant plusieurs images de l'objet sous des angles différents. Les parties du pont non visibles sur les photographies sont construites de façon plus traditionnelle, à partir d'hypothèses de restitution corroborées par la connaissance des techniques constructives de l'époque.

Le texturage
Afin de ne pas surcharger le modèle d'informations parasites et de rendre la représentation la moins subjective possible, il a été décidé d'occulter toute hypothèse chromatique et de réaliser une “maquette blanche”, dont ne transparaît que le relief de surface, qui esquisse les appareillages de pierre et ébauche le tracé des ouvertures. Loin du rendu photo-réaliste, cette restitution 3D expose ainsi son statut de maquette d'étude, matérialisation d'une hypothèse particulière de restitution et objet de communication.

Des images en grand format de la maquette numérique : "Le Pont du Change restitué".

 


Production :
DRAC Rhône-Alpes

Recherche documentaire :
Diane Jouvet
sous la direction de Yves Belmont
Hervé Lequay

Modélisation 3D et images de synthèse :
Renato Saleri
Michel Jamet

Charte graphique et maquettage :
Véronique Hours
Patrick Meirim de Barros

Contenu et développements :
Hervé Lequay

Réalisation et moyens techniques :
Laboratoire MAP-Aria (UMR-CNRS 694)
Ecole d'Architecture de Lyon