Formations

Le laboratoire MAP-Aria collabore à plusieurs formations, dans l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Lyon qui l’héberge, et dans des établissements d’enseignement supérieur autres.

Formations à l’ENSAL

Les enseignants-chercheurs participent à l’enseignement en informatique de tronc commun des cycles Licence et Master de la formation des Architectes Diplômés d’État, ainsi qu’à l’encadrement des mémoires et de la mention recherche de master. Le laboratoire est partenaire du Domaine d’Étude de Master (DEM) ALTer-natives, et pilote de deux ateliers de projets au sein de ce DEM.

Domaine d’Étude Architecture, Stratégies et Pratiques Émergentes (ALTer-natives)

Le domaine d’étude ALTer-natives cultive l’ambition de former des diplômés en architecture ouverts aux mutations contemporaines et de développer leur force de proposition, dans une analyse critique des paradigmes émergents qui les entourent. Des pratiques alternatives et innovantes tentent de répondre à ces mutations et les étudier demande à considérer d’une part que se construisent de nouveaux usages, d’autre part que les concepteurs doivent envisager d’autres façons de produire le cadre des activités humaines. Ces diverses pratiques en construction, confrontées à des demandes non expertes, à des programmes mouvants, à des exigences souvent contradictoires, à des environnements contraignants, à des urgences exacerbées, doivent développer postures, outils et “bonnes pratiques” dans des visions prospectives et critiques souvent floues.

Les enseignements du domaine s’appuient sur une définition ouverte et non déterministe du projet d’architecture. Les étudiants sont enfants des crises, du développement durable et du numérique, ils vivent avec les médias en ligne et les réseaux sociaux, ils agissent local et pensent global… On s’appuiera sur les compétences acquises et la culture propre des étudiants, citoyens compétents : leurs capacités, leurs connaissances, leurs habitudes, leurs visions du monde sont les prémices de leurs postures et les moteurs de leurs stratégies, lesquelles se doivent également d’être cultivées et distanciées, des théories (doctrines) comme des outils (numériques) : une génération digital-native mais également digital-naïve.

Au-delà de la multiplicité des terminologies, des cultures et des références, le DEM ALT aura pour vocation à développer chez l’étudiant une posture critique à l’égard de ce qui se fait communément, une capacité à la prospective et à l’innovation, une ouverture à l’autre, une agilité d’esprit le rendant capable de s’adapter rapidement à tout changement de contexte. Partant, le DEM ALT ne peut faire lui-même que de changer continuellement, pour s’adapter aux idées naissantes, aux opportunités, à ses propres mutations : il doit être fondamentalement en perpétuelle reconstruction.

S’il s’appuie sur deux axes de recherche portés à l’ENSAL, (Dispositifs relationnels et participatifs du LAURE et  Architecture et environnement numérique de MAP-Aria), le domaine d’étude ALT propose essentiellement d’expérimenter d’autres manières de concevoir, de produire et de penser l’architecture … et surtout de l’envisager comme une expertise, une capacité et comme un objet d’étude en propre.

Pour la période 2016-18, ALTer-natives propose 6 entrées thématiques, questionnées à la fois tout au long des 4 semestres du séminaire et dans les autres dispositifs pédagogiques (ateliers de projet, workshops) :

  • Les processus de création
  • La mise en récit du projet
  • La fabrique du commun
  • Posture(s) critique(s)
  • Fabrication / architecture maker
  • Digital thinking

Projet ALT semestre 7 / MAAD (Matérialité Architecturale Analogique-Digitale)

Le S7-ALT/MAAD croise principalement 3 des entrées thématiques du DEM ALTer-natives : « les processus de création », « la mise en récit du projet », « digital thinking ». Ce faisant, il interroge des processus de conception non déterministes, exploratoires, expérimentaux, construits sur des fictions élaborées par les étudiants eux-mêmes, à travers des outils et méthodes non conventionnels, non standard, décalés par rapport aux pratiques courantes enseignées en licence.

L’atelier se propose notamment d’explorer les possibilités offertes par l’hybridation d’outils analogiques et numériques avancés. Dans l’optique de développer matérialités et usages autres par une architecture autre, la dilution de pratiques tantôt archaïques tantôt digital-binaires tentera d’interroger les outils actuels selon une posture paramétrique d’une part et résolument engagée d’autre part.

Il s’agit donc de mettre au service d’une pratique de conception décalée des outils analogiques conventionnels et des outils numériques de pointe, dans un processus créatif non linéaire, impliquant fortement l’étudiant dans une démarche de développement de son autonomie et de sa capacité d’innovation.

Voir Eglantine Bigot-Doll, « Les étudiants, les analogies et le numérique : le DéM SPA_Can , ENSA de Lyon. », DNArchi, 28/04/2015

  • Autour d’une thématique singulière, d’un champ lexical, un lieu hétérotopique, il s’agit de raconter une histoire par et pour le lieu investi.
  • Un site donné dans Lyon, en vue collecter des données d’ordre topologique, historique, sensible, [géo]morphologique, biologique etc. Les étudiants choisissent les champs qui leur semblent porteurs en matière de créativité.
  • Un programme décalé sur le thème des rituels de purification (cf Foucault et Hétérotopies) du corps, de l’âme, de la ville sur une parcelle enclavée dans un lieu chargé de légendes et d’histoire au cœur de Lyon. L’endroit laisse place à l’imaginaire, aux projections et scénarios singuliers. Il est dévoilé lors d’une deuxième phase du projet…

Les étudiants créent eux-mêmes le contenu, compte-tenu d’un contexte ténu.

Voir http://archispacaan2015.blogspot.fr/ et http://archispacan.blogspot.fr/

Domaine d’Étude Architecture, Processus et Pratiques de l’Innovation (APPI)

Le DEM APPI, créé en 2010, a vocation à développer chez le futur architecte des compétences à l’innovation pour l’architecture, à la fois sur le plan des techniques, des processus et des méthodes. L’innovation architecturale est nécessaire pour répondre à des situations toujours plus complexes, nécessitant un haut degré de coopération et de co-conception, notamment entre architectes et ingénieurs, mais aussi entre l’architecte et les donneurs d’ordre, les usagers, les industriels.

Dans une approche pédagogique par problème et par projet, l’étudiant est placé dans une situation inédite à laquelle il devra répondre, en mobilisant ressources internes et externes, en convoquant les compétences des experts et chercheurs mis à disposition, en élaborant les processus nécessaires au management de l’innovation et sa validation. Une approche expérimentale, mixant modèles analogiques et numériques, est mise en place à travers des fabrications en échelle 1, menées aux Grands Ateliers de l’Isle d’Abeau.

Les outils numériques de modélisation, de simulation, de fabrication, de gestion d’information, de collaboration sont bien entendu largement utilisés. Voir le blog APPI.

Un livret recense l’ensemble des propositions des étudiants de l’origine de la formation jusqu’en 2016, et expose en détails les principes et dispositifs pédagogiques mis en place.

Deux contributions ont été proposées pour le 5ème colloque « Pédagogie et Formation » du groupe INSA, à Lyon, les 30 et 31 mars 2017 : une contribution enseignante sur les modalités d’une formation à l’innovation, et une contribution étudiante comme témoignage des trajectoires d’innovation suivies tout au long de l’atelier.



Update - 9 juin 2017, 01:47 - Philippe MARIN